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Jeux de cartes
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Paul
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Jeux de cartes
«
le:
11 Août 2007 - 00:00:10 »
Ah ben ça alors ! Je viens de me rendre compte que s'il y avait bien une rubrique Jeux de dés sur ce forum, personne en revanche n'avait jusqu'ici ouvert de rubrique Jeux de cartes !
Stupéfiant, non ? Personne ne tape le carton, ici ? Aucun amateur de brêmes ? Je n'y crois pas.
Il existe au monde, non pas des centaines mais des milliers et des milliers de jeux de cartes, qui tous se jouent, depuis plusieurs siècles, avec le même matériel élémentaire, et dont les règles sont pour la plupart de vraies et authentiques créations populaires.
Quels sont vos jeux de cartes préférés ? Quelles découvertes avez-vous faites au cours de voyage ? Voilà des souvenirs qu'on aimerait bien partager.
Pour ma part, j'ai un faible pour le
Dourak
, un jeu populaire russe, d'une malignité inouïe, au mécanisme déconcertant.
Vosu en trouverez la règle détaillée ici :
Dourak
, et en français s'il vous plaît.
Dourak
, en russe, veut dire "imbécile" ou "benêt". Le benêt, c'est le donneur. L'idée (fort peu chrétienne, je vous l'accorde) sous-jacente est qu'il faut être niais pour se faire le serviteur des autres. Au Dourak, il n'y a pas de gagnant, il y a un perdant qui devient le donneur pour la partie suivante. On peut y jouer de 2 à 6. À quatre et à 6, il est recommandé de jouer en équipe (de 2 ou de 3). Quand on joue à plus de trois, on limite généralement le nombre d'attaquants à 2, soit les voisins de droite et de gauche du joueur attaqué.
Car tout le mécanisme du Dourak est là : à chaque tour de jeu, il y a un attaquant principal et un défenseur. L'attaquant abat une ou plusieurs cartes à la fois (de même hauteur pour les premières abattues, puis de même hauteur que celles déjà présentes sur la table). Le défenseur doit repousser l'offensive en posant sur chaque carte une carte plus forte. S'il n'y parvient pas, il ramasse toutes les cartes qu'il ajoute à sa main. Autrement les cartes battues sont retirées du jeu.
Le Dourak est un jeu extrêmement astucieux sous ses dehors simplissimes : disons-le toute de suite : vous n'avez aucune chance face à un Russe entraîné depuis l'enfance. Mais contre vos voisins de camping, tous les espoirs sont permis.
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Paul
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Re : Jeux de cartes, Boura
«
Répondre #1 le:
11 Août 2007 - 02:40:06 »
Tant que j'y suis, je vous livre la règle d'un autre jeu russe, très populaire, surtout dans la population carcérale. Il s'agit de la
Boura
, qui paraît être d'ailleurs un descendant direct du
Mariage
.
Matériel
Pour jouer à la Boura il faut être deux ou trois ou davantage (jusquà 6, mais c'est mieux à deux). On utilise, comme au
Dourak
, un jeu de 36 cartes (qui est l'ancien jeu de Piquet). L'ordre des cartes est As, 10, Roi, Dame, Valet, 9, 8, 7, 6. L'As vaut 11 points, le 10 dix, le Roi 4, la Dame 3, le Valet 2, les autres zéro.
Objectif
La Boura est un jeu d'argent : avant la donne, tous les joueurs mettent au pot une même mise. Mais on peut aussi convenir de maquer 1 point par partie gagnée. Le vainqueur est alors celui qui le premier atteint 11 ("petit robbe") ou 21 ("grand robbe") à condition d'avoir au moins 2 points de plus que l'adversaire.
Donne
Le donneur distribue 3 cartes une par une à chaque joueur, dans le sens horaire.
Il retourne ensuite la première carte du talon qui désigne l'atout.
Après chaque levée, les joueurs, à commencer par le gagnant du pli, prélèvent à tour de rôle une carte au talon, de manière à compléter leur main. Et ce jusqu'à épuisement du talon.
Le jeu
Le premier joueur à la gauche du donneur peut poser une, deux ou trois cartes à la fois, à condition qu'elles soient de même couleur. Son voisin de gauche doit, pour remporter le pli, s'efforcer de
toutes
les battre une à une. Pour battre une carte, il faut riposter par une carte plus forte de même couleur ou bien par un atout. On n'est cependant pas obligé de fournir la couleur, ni de couper, ni de ne pas couper (on peut couper quand on le veut, comme au Mariage ou à la
Brusquembille
).
Si l'on joue à plus de deux, une fois que le premier adversaire a répondu à l'attaque, c'est au tour de son voisin de gauche de battre les cartes les plus fortes déjà posées. Encore une fois, pour remporter le pli, il faut pouvoir battre toutes les cartes maîtresses posées par les joueurs précédents
Les plis remportés sont entassés face cachée devant les joueurs.
Conditions de victoire
Est vainqueur le premier qui à avoir remporté 31 points. Le joueur qui estime avoir atteint ce total dans ses levées l'annonce et retourne les cartes prises. Si les 31 points y sont, il remporte la mise (ou marque 1 points), sinon il double l'enjeu (ou bien ses adversaires marquent 2 points). Si personne n'a annoncé 31 points à épuisements des cartes, l'enjeu reste au pot, on mise à nouveau et l'on recommence une partie.
Il existe cependant une autre manière de gagner, plus expéditive, c'est quand on peut abattre une "Boura", soit la réunion de trois cartes d'atout. Si plusieurs joueurs abattent une Boura, c'est la plus forte en points qui l'emporte. La partie alors s'arrête quels soient les plis déjà remportés.
Variantes usuelles et recommandées :
On peut également gagner la partie en abattant une "Grande Moscou", soit 3 As dont un d'atout. (Selon convention la Grande Moscou l'emporte sur la Boura ou non).
La réunion dans une même main de 3 cartes de même couleur autre que l'atour s'appelle une "Molodka" (une Jeunette) ou encore une "Pismo" (une Lettre ou une Bafouille pour rester dans le ton). Qui possède une Molodka acquiert le droit de jouer le premier. Il déclare "Stop", étale son jeu, que son voisin de gauche doit s'employer à battre, carte par carte.
Plus forte que la Molodka et conférant le même privilège est la "Petite Moscou", réunion de trois Six (variante : trois Dix) dont celui d'Atout. De la même manière son détenteur dit "Stop" et pose ses trois cartes que son voisin doit battre.
Jusque là, pour gagner, il suffit, on l'a vu de savoir compter ses points à mesure. Ce n'est pas forcément facile, car on joue normalement vite. Le jeu cependant gagne énormément à être joué "à la couverte".
Quand un joueur ne peut pas (ou ne veut pas, pour ménager ses atouts par exemple) battre une
carte, il se défausse d'une carte de son choix qu'il dépose
face cachée
.
Imaginons que l'atout est Pique. L'attaquant pose par exemple un 8 et un Roi de carreau. Le défenseur a dans sa main 10 de Trèfle, Roi de Trèfle, As de Pique. Il ne va pas chercher à couper, puisqu'il ne pourrait batre ainsi qu'une seule carte et perdrait de toute manière le pli. Il dépose donc 10 et Roi face cachée. L'adversaire remporte donc 14 points sans le savoir ! Les plis remportés sont entassés cette fois-ci tels quels de manière qu'on ne voie que la carte du dessus, et que les cartes posées face cachée demeurent retournée.
Il devient dès lors évidemment beaucoup plus subtil et ardu de savoir si l'on a atteint ou non les 31 points fatidiques.
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Jeux de cartes : Njet, Was Sticht, Sleeping Queens, Sabotage
«
Répondre #2 le:
17 Janvier 2008 - 11:49:38 »
Plusieurs jeux de cartes modernes se passent très bien des cartes spéciales dont leurs auteurs les ont affublés.
Le plus ancien des quatre jeux présentés ici,
Sabotage
, est de ceux là.
Pour y jouer sans le matériel d'assez mauvais goût proposé par Franjos et revenir ainsi à la règle originale publiée par l'auteur dans son livre
Abott's New Card Games
, il suffit (merci encore Philippe) de prendre deux jeux de 52 cartes et d'appliquer la règle fournie
ICI
en lisant respectivement Dix, Roi, Dame, Valet, à la place de X, Clef à molette, Démontage, Sabotage.
Sabotage, cela dit, n'est pas un grand jeu, il est néanmoins très divertissant et remplace avantageusement une partie de Rami, sinon de Canasta. Le rôle des valets (les cartes Sabotage) et la possibilité d'intervenir directement dans le jeu de l'adversaire en lui imposant certaines cartes, permet une interaction constante entre les joueurs. On peut regretter seulement que la pile de défausse n'ait pas fait l'objet d'un traitement particulier : on aimerait pouvoir y piocher de temps à autres sous certaines conditions.
En outre, j'ai le sentiment qu'à deux, mieux vaut n'utiliser qu'un seul jeu de cartes, en laissant tomber la règle qui veut que le joueur qui interrompt la partie marque un point de moins. Le jeu devient beaucoup plus tendu, même s'il devient difficile alors de marquer plus de 5 points.
Njet
, à présent. Comme Was Sticht, il s'agit d'un lointain descendant de l'
Hombre
, ce jeu formidable du XVIIIe siècle dont tout un chacun peut heureusement retrouver aujourdui les règles sur l'indispensable site de
l'Académie des jeux oubliés
dont vous n'omettrez pas de saluer bien bas le créateur au passage. Au système classique d'atout, s'ajoutent d'autres cartes d'atout plus fortes que toutes les autres, en partie fixées par la règle à l'Hombre, entièrement déterminés par les joueurs à Njet. Ces cartes sont nommées Matadors dans le premier jeu et Superatouts dans le second.
La règle de Njet se trouve
LA
Les cartes de Njet sont exprès assez moches. Elle sont manifestement censées imiter un jeu "fait main" dans les dures conditions d'un régime politique oppresseur.
Pour ma part, je trouve beaucoup plus agréable d'y jouer avec des cartes classiques, soit un jeu de 52 cartes dont on aura ôté les 10, les 9 et les 8, soit un jeu de cartes italiennes ou espagnoles, qui ont le mérite d'un certain exotisme (j'ai quant à moi une prédilection pour les cartes siciliennes, de toute beauté).
Il suffit ensuite de se munir de seize jetons (pièces de monnaie ou billes chinoises) et d'une ardoise (ou feuille de papier) où l'on aura tracé le tableau de cing rangées sur six colonnes suivant :
Premier joueur ; Louis ; Albert ; Jeannine ; Hortense ; case vide.
Ecart ; Non ; Une ; Deux ; case vide ; case vide.
Atout ; Trèfle; Carreau ; C½ur ; Pique ; Non.
Superatout : 1 & 2 de ; Trèfle; Carreau ; C½ur ; Pique ; Non.
Multiplcateur ; x1 ; x2 ; x3 ; x4.
En version italienne, on remplacera Non par No, et Trèfle, Carreau, C½ur, Pique par Bastoni, Coppe, Denari, Spade. Des dessins peuvent être les bienvenus.
Le lecteur attentif aura noté que j'ai rajouté une case Non à la rangée "Atout" qui ne figure pas sur le tableau original. C'est pour permettre de jouer sans atout, option curieusement négligée par l'auteur.
Le jeu de cartes original compte dans chaque série deux "1" et une suite de 2 à 9. Ce sont les deux 1 de la couleur choisie dans la 4e rangée du tableau, qui deviennent à chaque tour les superatouts. Pour tourner la difficulté vous avez deux options : soit convenir que le 2 et le 1 sont de même force ; soit vous asseoir sur ce détail qui n'a rien de primordial, et considérer très normalement que le 2 l'emporte sur le 1.
On trouvera en fichier joint un exemple de tableau.
Was Sticht
est un jeu très singulier, qui conjugue curieusement l'
Hombre
et
Master Mind
. Dans la première phase du jeu, en effet, le donneur tire au sort la couleur d'atout et la valeur des quatre cartes matadors (tous les "3", par exemple, ou tous les "6"). Les joueurs choisissent les cartes avec lesquelles ils vont jouer tout en cherchant à deviner grâce aux indications du donneur quelle est la couleur d'atout, et la valeur des matadors.
La règle de Was Sticht est consultable
ICI
.
Pour jouer, il suffit de se munir de deux jeux de 54 cartes. Du premier on conservera 36 cartes, du 6 à l'As par exemple (en prenant l'As pour plus forte carte, puis Roi, Dame, Valet, etc.). Du second on gardera quatre "2" et un joker, pour désigner la couleur d'atout ; une série de 9 cartes (du 6 à l'As) et un joker, pour désigner la valeur des matadors.
Et les cartes contrats, direz-vous ? Elles figurent en dernière pages de la règle. Il vous suffit de les reproduire en changeant Rouge, Bleu, Vert, Jaune par Trèfle, Carreau, C½ur, Pique. (Pour les lecteurs fatigués, manchots ou maladroits, j'en ai dessiné une planche complète, voir fichier joint).
Ce n'est pas plus beau et plus simple comme ça ?
Sleeping Queens
est un jeu de collecte impossible à trouver en France. Pour y jouer il faudra soit aller aux États-Unis (rapportez-m'en alors un exemplaire, ça me fera plaisir, les cartes sont très jolies), soit vous résoudre à l'adapter avec un simple jeu de Tarots.
à suivre?
Njet_Non.pdf
(95.06 Ko - Téléchargé 33 fois.)
Wasst_contrats.pdf
(90.44 Ko - Téléchargé 34 fois.)
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3 chevaux 1 tiercé
«
Répondre #3 le:
20 Janvier 2008 - 00:00:55 »
3 chevaux, 1 tiercé
est, malgré son titre, un jeu très intéressant. Malgré son titre, dis-je, car à la vérité les conditions du pari mutuel n'y sont nullement respectées : un cheval sur lequel parieraient tous les joueurs y rapporte autant qu'un outsider méprisé des turfistes. Mais très intéressant parce qu'il n'est pas courant de trouver une utilisation exotique du jeu de tarots, et aussi parce que la variété des jeux de course commandés par des cartes compte assez peu d'exemples connus, si l'on excepte le Jeu de Toc de nos cousins québécois.
Examinons de plus près le matériel requis :
Il faut des jetons et des billets, toutes choses que l'on trouvera aisément dans son placard à jeu, et à défaut dans son porte-monnaie.
Il faut ensuite un tablier de 48 cases, 30 figurines numérotées de 1 à 30, et enfin un jeu de 32 cartes, auxquelles on adjoint 21 cartes d'atout.
Les cartes, on le voit, sont faciles à dégoter : un jeu de Tarot dont on aura ôté les cartes de 2 à 6, ainsi que l'Excuse.
Le Tablier est plus difficile à confectionner. J'avais commencé à en dessiner un, et puis pour une fois, j'ai réfléchi. Pourquoi me tuer à dessiner un truc que j'ai déjà là sous les yeux dans mon salon. 48 cases, c'est 2 fois 24 cases, soit le nombre de flèches d'un trictrac normalement constitués. Qui plus est, dans la boîte du Trictrac, que trouvé-je ? 30 dames, en effet, qu in'attendent plus que d'être numérotées.
Stop ! on n'écrit pas sur ses dames en buis ! On y colle des gommettes numérotées, une gommette blanche sur une face, une gommette verte sur l'autre. Quand une dame a fait un tour complet, on la retourne pour marquer qu'elle a entamé son second tour.
Du coup
3 chevaux 1 tiercé
apparaît comme un exemple unique de jeu de tables gouverné par des cartes au lieu de dés ! Et la comparaison avec le Jeu de Toc en devient d'autant plus pertinente : le Jeu de Toc était le nom que l'on donnait autrefois à une variante du Trictrac.
Il serait intéressant à présent de tenter d'épurer le jeu, en lui soustrayant le thème encombrant des chevaux de course, et en lui ajoutant certaines des caractéristiques essentielles des jeux de tables : jeu à deux, dames égales, bouchage?
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andante253
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Re : Jeux de cartes
«
Répondre #4 le:
07 Février 2008 - 19:12:05 »
Les jeux de cartes sont mes préférés, et j'ai moi un petit faible pour la bataille norvégienne. Les premières parties semblent sans intérêt, mais au fur et à mesure que vous affinez votre stratégie, le jeu devient bcp plus intéressant..!! Vous pouvez en découvrir la règle à la page suivante :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_norvégienne
Bon jeu !!
Journalisée
Paul
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Messages: 540
Re : Jeux de cartes
«
Répondre #5 le:
08 Février 2008 - 00:22:32 »
Pas mal, cette battaille norvégienne ! Elle ressemble comme une s½ur au
Shithead
anglosaxon, dont la règle figure également (en anglais) sur Wikipédia.
Shithead
peut être traduit par idiot, et comme par hasard le jeu paraît être un très proche du Durak russe, un Dourak sans atout, mais avec des cartes spéciales qui elles, sont cousines du 8 américain.
Merci beaucoup pour ce lien.
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Laurent36
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Messages: 81
Re : Jeux de cartes
«
Répondre #6 le:
09 Février 2008 - 00:13:30 »
Chez moi, on pratiquait une variante du jeu de l'hombre appelée la
bête hombrée
Journalisée
Ph.lalanne
Philippe
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Messages: 415
Re : Re : Jeux de cartes
«
Répondre #7 le:
11 Février 2008 - 18:05:29 »
Citation de: Laurent36 le 09 Février 2008 - 00:13:30
Chez moi, on pratiquait une variante du jeu de l'ombre appelée la
bête hombrée
J’ai lu la règle sur votre blog, elle apparaît comme une complication de celle que l’on peut trouver dans les différents ouvrages sur les jeux du XIXe siècle.
Voilà ce que j’ai pu constater :
1. l’ordre des cartes, le nombre de cartes distribuées, et le jeu de la carte correspondent à la Triomphe ou à l’Ecarté et non à l’Hombre (loin de là)
2. la « belle » correspond à la couleur favorite du Médiateur (jeu issu du Quadrille ou Hombre à quatre)
3. le choix du premier donneur et de la première « belle » se fait selon la même procédure qu’au Médiateur.
4. l’atout est fixé par celui qui propose le plus haut contrat comme au Médiateur (la couleur favorite l’emportant sur la couleur ordinaire)
5. les paiements en « belle » sont doublés comme au Médiateur
6. le principe de la bête est proche de ce qu’il était au XVIIe et XVIIIe siècles mais diffère dans le sens où la bête en jeu après que la première ait été tirée devrait être la plus forte et non la suivante
7. les enchères correspondent davantage à celles du Bridge (nombre de levées)
8. seul le donneur peut écarter contrairement à l’Hombre
9. les « matadors » sont annoncés contrairement au jeu de l’Hombre et sont comptés dans la bête encore contrairement à l’Hombre
Il s’agit donc plutôt que d'un descendant de l'Hombre, d’un jeu dont la base est la Triomphe auquel on a ajouté une petite pointe de jeu de l’Hombre (un contre tous, mais à l'Hombre un des tiers peut aussi tirer son épingle du jeu par codille), davantage du Médiateur et du Bridge (concernant la couleur favorite et les contrats). Le résultat ne doit pas manquer d'intérêt (à part le principe des bêtes). Seule vraiment, l'appellation "matador" évoque le jeu de l'hombre, mais ils ne sont qu'une annonce et n'ont pas le pouvoir de l'espadille, la manille et la baste du jeu de l'hombre.
Une autre chose, Laurent, vous écrivez ci-dessus, « Ombre » au lieu de « Hombre ». Si l’on trouve écrit « Ombre » dans la littérature c’est plutôt rare, par contre les anglais écrivent plus souvent « Ombre » qui se traduit donc par
shadow
au lieu de "homme". "Ombre" est bien une mauvaise écriture de la part des anglais.
Merci d'avoir introduit un lien vers ma page sur le jeu de l'hombre sur votre blog.
Philippe
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Laurent36
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Re : Re : Jeux de cartes
«
Répondre #8 le:
11 Février 2008 - 21:07:31 »
Citation de: Laurent36 le 09 Février 2008 - 00:13:30
Chez moi, on pratiquait une variante du jeu de l'hombre appelée la
bête hombrée
Voilà, l'erreur de frappe est corrigée.
Merci pour ces explications savantes qui montrent les influences multiples entre jeux de cartes et les déclinaisons locales possibles.
Il ne me reste plus qu'à y rejouer... J'en garde de bon souvenirs de mon enfance.
Journalisée
Paul
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Re : Jeux de cartes
«
Répondre #9 le:
11 Février 2008 - 23:21:31 »
La Bête Hombré ne vient pas de l'Hombre, bien sûr, mais bien du simple jeu de la Bête qui est, lui, une complication de la Triomphe ? le jeu est décrit dans le tome 2 de l'Académie universelle des Jeux de 1806.
Ce qui est amusant c'est qu'on voit bien comment le terrain se prépare pour accueillir la Belote qui balaiera tous ces jeux qualifiés de provinciaux à la fin du XIXe siècle. Ce qui est passionnant c'est qu'il ait subsisté au sein de la famille de Laurent. Dans la mienne, originaire de la même région, on ne pratiquait plus depuis des lustres que Belote, Manille et Barbu.
À noter dans la description de la Bête, cette possibilité : "aller à la curieuse". Si tout le monde passe, pour le prix d'un jeton, on retourne la "carte du fond", soit j'imagine celle du dessous du paquet ; cette carte désigne la nouvelle triomphe (le nouvel atout).
Je me pose la question du triomphe de la belote : j'ai le sentiment que les jeux "à écrire" l'ont emporté au XXe siècle sur les jeux à jetons. Y aurait-il eu pénurie de jetons ? Ou bien est-ce une conséquence de la guerre de 14 qui aurait privilégié les jeux réclamant un matériel minimum ?
Une autre question encore : qui est l'auteur de la règle de la bête hombrée décrite dans Jeux et Stratégie ?
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Re : Jeux de cartes
«
Répondre #10 le:
12 Février 2008 - 01:20:41 »
La différence dans le jeu de la carte entre la Triomphe et la Bête, c'est uniquement qu'au premier on doit toujours fournir de l'atout (triomphe) lorsqu'on n'a pas de la couleur demandée, tandis qu'au deuxième si l'on n'a pas de la couleur demandée qui a été coupée par un joueur, ne pouvant surcouper on n'est pas obligé de fournir de l'atout. Sinon tout est identique.
Les règles du jeu de la Bête précisent qu'il portaient aussi l'appellation de jeu de l'Homme.
La Bête, c'est quasiment la Triomphe + la nécessité d'un joueur s'engageant contre les autres (mais sans enchères) + le principe de la bête (dette du perdant)
La Bête hombrée, c'est en majeure partie la Bête + engagement d'un joueur par un système d'enchères sur contrats (style de l'Hombre) + le paiement des "matadors" (inspiration de l'hombre)
La Bête hombrée décrite par Laurent, c'est la Bête hombrée + la couleur favorite (inspiration du Médiateur) + un système de contrats (semblable au Bridge) : Bridge antérieur ou postérieur ?
La Belote qui est inspirée fortement notamment du Smoothjass hollandais (décrit dans le Salon des Jeux) était aussi jouée avec des jetons (j'ai vu pratiquer ça dans mon enfance). Autrement les jetons étaient utiles quand on jouait pour de l'argent et qu'en plus de la poule à gagner, il fallait procéder à des paiements entre les joueurs entrainant des décomptes (comme à l'hombre et aux membres de sa famille) par contre les bêtes étaient plus volontiers écrites sur une feuille de papier pour en tenir le registre.
Le papier et le crayon se prête mieux aux jeux où les points de cartes sont comptabilisés et cumulés d'un coup sur l'autre comme la belote, qu'au jeux de levées avec enjeu et échanges entre joueurs. Et puis... le Poker utilise bien des jetons pour ces dernières raisons (on pourrait noter sur une feuille de papier les gains et pertes mais ce serait trop compliqué).
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Laurent36
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Re : Jeux de cartes
«
Répondre #11 le:
13 Février 2008 - 19:45:24 »
Citation de: Paul le 11 Février 2008 - 23:21:31
Une autre question encore : qui est l'auteur de la règle de la bête hombrée décrite dans Jeux et Stratégie ?
C'est moi... Enfin un oncle éloigné qui habitait l'été près de chez nous et chez qui je passais pas mal de temps. C'était un grand amateur de jeux en tout genre et de mots croisés !
A l'époque j'étais un lecteur assidu de Jeux & Stratégie et j'ai proposé le jeu. Mon Oncle Jean, grand joueur de Bête Hombrée devant l'éternel et dépositaire des règles les avait mises par écrit dans la feuille de choux tapée à la machine qu'il envoyait à sa famille chaque année. Il m'avait autorisé à envoyer la règle à J&S pour la rubrique consacrée aux jeux de cartes. Elle a été publiée dans le n°29 et m'a valu un an d'abonnement gratuit... Abonnement que j'ai poursuivi jusqu'au dernier numéro de la revue.
D'ailleurs, c'est dans cette rubrique de J&S que j'avais découvert le Gin Rami qui est vraiment un très bon jeu. Je me souviens aussi de 2 règles dans un numéro d'été (celui avec sur la couverture les gens qui sur la plage jouent aux échecs) que j'avais bien appréciées... Je regarderai ça...
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Ph.lalanne
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Re : Jeux de cartes
«
Répondre #12 le:
18 Février 2008 - 16:11:00 »
En lisant le chapitre "Compléments", je me suis dit que l'option
sans préjudice
du premier en cartes est à rapprocher du principe de la
carre
à la
bouillotte
(blind du poker), et celle
je retiens
du joueur suivant à la
surcarre
de la bouillotte. Ce qui fait que cette version de la bête hombrée pourrait avoir fait des emprunts à la
bouillotte
en plus du
Médiateur
, de
l'hombre
et du
bridge
.
Pour ce qui est de la
belle
, cette appellation est aussi donnée au
Boston
à la couleur favorite. Dans
L'Arbitre des jeux
de Méry, 1847, il est dit que la
belle
au
Boston
est déterminée par la première retourne, alors qu'au
Maryland
(proche du Boston) elle est tirée au sort comme au
Médiateur
, et à cette version de la bête hombrée, au début de la partie. Au
Maryland
, comme au
Médiateur
, on parle de couleur favorite mais pas de
belle
(dixit Méry).
J'ai une question : quelle peut être la signification de
pinandèle
en dehors du jeu de la bête hombrée ?
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Paul
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Re : Jeux de cartes
«
Répondre #13 le:
18 Février 2008 - 23:07:41 »
Connaissant l'esprit profondément poétique et délicat du Berrichon (en exemple ces vers célèbres : La belle de cheu nous / S'appelle Marguerite / La chaleur de seu genoux / Fait bouillr la marmite), j'ai bien peur qu'une pinandèle, soit une manière de queue?
Attendons cependant l'avis de linguistes plus éclairés sur la question?
La belle, ce ne serait aussi la préférence, au fait ?
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Re : Jeux de cartes
«
Répondre #14 le:
19 Février 2008 - 00:56:56 »
Pour
pinandèle
, pouquoi pas effectivement une origine grivoise. J'ai trouvé aussi que
pinatelle
(c'est pas pinandèle, d'accord) était une ancienne petite monnaie.
La
préférence
, c'est bien la couleur favorite au Médiateur.
Cette règle de la bête hombrée me rend de plus en plus perplexe. Le nom donné au talon est
cagnot
, et seul celui qui fait jouer peut le prendre ; ce qui est dit
cagnotter
. Comme
cagnotter
est plus habituellement et familièrement utiliser pour dire ajouter de l'argent à une cagnotte, il est clair que dans la règle ce n'est pas le sens qu'on lui donne.
Même si je ne suis pas joueur de Tarot, je sais que le talon y est appelé le chien. Or un chien (l'animal) est appelé familièrement un
cagne
et un
cagnot
, c'est un petit chien. Alors cette bête hombrée, fait-elle aussi un emprunt au Tarot ?
Maintenant, si on lit Soumille (le Grand Trictrac, 2e édition, 1756), on peut y trouver cette remarque qu'au Quadrille (hombre à quatre) on a successivement ajouté,
médiateur
, couleur favorite (tout cela c'est le jeu du médiateur) et ...
petit-chien
! Bon, ça commence à faire beaucoup. Ce
petit-chien
au Médiateur est un mystère non résolu.
Il faut savoir : Laurent, c'est quoi cette règle ?
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